RÉGION DU NORD-OUEST : changements climatiques - une menace à « l'or d'Oku »

Le changement climatique vu comme principal obstacle à la production du miel blanc d'Oku dans la Région du Nord-Ouest du Cameroun.

Le « Miel Blanc d'Oku » est le nom de marque déposée de ce produit.  Récemment, l'Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), le gouvernement camerounais, avec l'appui technique d'autres partenaires internationaux de développement tels que le CIRAD et l'AFC ont initié la certification de ce miel comme un produit d'indication géographique. Le caractère singulier de la région, son climat, son environnement d'origine, les méthodes traditionnelles de production et l'état naturel viennent ajouter un sceau tout à fait particulier à ce miel. Des ONG locales comme SOPISDEW Cameroun, CAMGEW, et la commune d'OKU sont en train de défendre une gestion durable de la forêt par le renforcement de l'éducation sur les questions environnementales, une apiculture durable et des activités liées à la régénération de la forêt. Certaines ONG ont déjà planté des arbres comme le Prunus africana dans la forêt. Les plus grands producteurs de miel et des groupes de marketing de cette zone forestière ont réussi à encourager de nombreuses personnes à s'intéresser à l'apiculture durable sur le plan local. Au cours des trois dernières années, plus de 1000 personnes ont été formées par des ministères tels que le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), le ministère de l'agriculture et du développement rural (MINADER) et bien d'autres acteurs. Pour la communauté, être propriétaire des ruches facilite la protection de la forêt, des colonies d'abeilles tout en constituant une source de revenu pour la population locale. Le ministère de l'élevage, des pêches et des industries animales a construit et est sur le point d'équiper un centre de collecte de miel à Oku. D'autres grands groupes de producteurs ont également reçu de l'aide substantielle dans un élan général de garantir les normes de qualité dans la production de miel. Aujourd'hui, un kilogramme de miel blanc égoutté coûte au moins CFA 5.000 F ($ 10.00 US) au sein de la communauté. Des produits dérivés comme la cire d'abeille, le propolis et les boissons à base de miel sont également en train de gagner en valeur ajoutée et en intérêts issus de l'apiculture. La phase de production de la chaine de valeur du miel reste l'activité la plus intéressante.  Le climat de montagne très froid de la forêt n'accommode pas les essaims d'abeilles, elles sont obligées de migrer vers les plaines qui sont plus chaudes. Cependant, les plantes qui sont à la base du miel blanc poussent à plus de 2000 mètres d'altitude, par rapport au niveau de la mer. Ces plantes comprennent entre autres le Prunus africana, le Nuxia congesta, le Schefflera abyssinica et le Podocarpus spp. Il convient de signaler qu'à cette haute altitude, des mesures particulières sont prises  pour maintenir les ruches isolées et chauffées afin de combattre le froid de la très haute altitude.

Mathew Nkeng, un apiculteur local et revendeur de miel à Keyon Oku affirme qu'au cours des deux dernières années, la quantité de miel disponible a connu une baisse remarquable. Il pointe un doigt accusateur sur l'étrange climat qui a régné dans la communauté tout au long de l'année. « Les pluies commencent tôt en février et les fleurs ne restent pas assez longtemps sur les plantes pour que les abeilles recueillent nectar et pollen » « J'ai souvent pensé que le changement climatique était un problème du monde occidental, mais maintenant je constate ses conséquences sur nous, même dans cette communauté où nous avons lutté toutes ces années pour conserver la forêt », a-t-il déploré. Il n'est qu'une personne parmi tant d'autres dont les familles dépendent des revenus générés par la vente de « l'or blanc ». « J'ai pu envoyer mes deux filles à l'Université, d'autres enfants et membres de la famille sont là et ont besoin d'un avenir meilleur, je suis peiné par la baisse de la production du miel en ce moment où elle est censée nous rapporter plus d'argent » a-t-il encore ajouté.

Les populations locales et autochtones, en particulier la jeune génération doivent s'engager dans cette bataille, elles représentent l'avenir et doivent préserver ces ressources pour leur subsistance. « Une bonne éducation à l'environnement est importante pour lutter contre la déforestation par le changement de comportement et l'inculcation aux jeunes l'esprit de se développer et de participer à la gestion des forêts », déclare Tah Kennette Konsum, Directeur de SOPISDEW CAMEROUN.

Par DEMSE Macarius, Journaliste communautaire

Radio Oku, Bamenda, région du Nord Ouest

Pour Green Alert Network

Octobre 2016

 

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