Région de l’extrême nord : déboisement abusif entrainant le changement climatique

L’utilisation abusive du bois de chauffe dans la localité de Mokolo cause plus de tort que de bien.

En zone sahélienne du Cameroun, le bois de chauffe est la seule source d’énergie accessible par plus de 80 % des ménages ruraux et urbains. Mokolo, arrondissement du département de la Mayo-Tsanaga, chef-lieu de la région de l’Extrême Nord enregistre un accroissement rapide des populations depuis ces dernières années. Cette hausse accentue la pression sur les terres et ne laisse plus aux sols des milieux arides le temps de se régénérer, d’où la perte de leur productivité. L’exploitation des ressources naturelles devient de plus en plus inquiétante dans cette partie du Cameroun. Parmi les trois régions septentrionales, l’Extrême-Nord tient la palme d’or en termes de vulnérabilité face au changement climatique, l’on peut dire d’ailleurs qu’elle subit déjà les conséquences notamment la diminution drastique de la richesse floristique, de la diversité végétale et la fonction de l’écosystème est ainsi désorientée.

Il est à noter que, le bois est le principal combustible utilisé pour la cuisson des aliments dans cette partie du Cameroun. Le gaz domestique et le pétrole lampant coûtent très cher pour les populations des zones rurales. Par conséquent, une demande croissante en bois de chauffe s’explique surtout par son utilisation dans la majorité des ménages, des foyers traditionnels, qui malheureusement laissent échapper une bonne quantité de chaleur. Force est de constater que la consommation excessive de bois de chauffe est faite en grande partie par des femmes rurales qui ont généralement un faible revenu, les plaçant ainsi dans l’incapacité d’accéder aux autres sources d’énergies alternatives.  Elles passent ainsi la plupart de temps à rechercher le bois pour les vendre dans les marchés afin de trouver le pain quotidien pour leur famille. Le bois de chauffe demeure un élément incontournable qui constitue une bonne et seule source de revenue pour ces femmes qui se lancent dans ce métier. L’utilisation effrénée du bois contribue à la dégradation du couvert végétal. La dégradation des terres conduit, notamment à la perturbation écologique, à la baisse des rendements des cultures, à la chute de la production agricole et à l’insécurité alimentaire. Nous savons que les principaux effets induits de ce phénomène sont l’exode rural et l’aggravation de la dégradation des équilibres des écosystèmes naturels. Cette situation entraîne la destruction de la flore. La restauration des terres dégradées requiert la mise en place d’une politique de gouvernance forestière visant prioritairement à réduire une partie des volumes de bois de chauffe consommé, d’autant plus qu’une partie non négligeable de ces volumes provient de tiges d’avenir ou des parties d’arbre qui auraient pu connaître des utilisations plus valorisantes.

De nos jours, la promotion des énergies alternatives ou renouvelables demeure la meilleure gestion de la filière bois de chauffe. L’adaptation par les populations de ces villages concernés au changement climatique à travers l’utilisation des techniques et technologies nouvelles serait salutaire pour tous. Il est temps d’encourager l’utilisation du gaz domestique en le subventionnant afin qu’il soit à la portée de tous. Cette initiative passera par une bonne politique de protection de l’environnement  établit par le gouvernement et la participation des acteurs non étatiques de développement dans sa mise en œuvre. Notons que l’utilisation de foyer amélioré en argile et de la marmite norvégienne dans les ménages est l’une des méthodes alternatives adaptées pour les villages concernés. L’adoption de ces techniques simples à partir des matériaux locaux procure aux femmes de ces localités un gain de temps qui leur permettra de pouvoir participer aux activités de développement de leurs milieux. L’opportunité à saisir est l’accessibilité aux matériaux locaux (l’argile tendre, la paille, les bouses de vaches, de l’eau) pour la fabrication du foyer amélioré en argile. Ce qui peut permettre aux populations de s’en procurer sans aucune difficulté.

Par conséquent, la lutte contre le déboisement abusif peut progressivement être gagnée, car il est urgent de protéger le système écologique.

  Par: Djakaya Pascal, journaliste communautaire

Radio Mokolo- région de l'Extrême nord

Pour: Green Alert Network

Décembre 2016

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